Données brutes ADN : lire, télécharger et transférer votre fichier ADN vers GEDmatch, FamilyTreeDNA ou Living DNA
Les données brutes ADN sont le fichier texte que le laboratoire vous remet après un test autosomique. Il contient une ligne par marqueur lu sur votre génome, environ 700 000 selon Geneanet, avec quatre colonnes : identifiant rsID, chromosome, position et génotype. Cet export se télécharge depuis votre compte, puis se transfère vers d'autres bases pour trouver des cousins supplémentaires. Cette page montre à quoi il ressemble, où le déposer en octobre 2026 et comment le protéger.
Qu'est-ce qu'un fichier de données brutes ADN et que contient-il ?
Un fichier de données brutes ADN est un simple tableau de texte, livré compressé en .zip ou .gz. Il liste le résultat de chaque sonde de la puce de génotypage. Le laboratoire ne séquence pas votre génome entier : il lit des positions choisies où les humains varient, les SNP. Pour chacune, il note les deux lettres reçues, l'une du père, l'autre de la mère. Voici un extrait de trois lignes.
| rsID (identifiant du marqueur) | Chromosome | Position | Génotype |
|---|---|---|---|
| rs3131972 | 1 | 752721 | AG |
| rs12562034 | 1 | 768448 | GG |
| rs4040617 | 1 | 779322 | AA |
Le rsID est le numéro de référence du marqueur dans les bases publiques : n'importe quel outil d'analyse retrouve ainsi la même position. La page d'aide d'Ancestry précise deux points. Les positions suivent la version GRCh37 du génome de référence, dite Build 37. Et les chromosomes X et Y apparaissent parfois sous les numéros 23 et 24. Le tableau ne contient aucune interprétation : ni pourcentage d'ascendance, ni liste de matchs, ni caractéristiques physiques. Ces lectures sont produites ensuite par la plateforme. La façon dont une base en déduit des segments partagés est expliquée dans lire les centimorgans d'un segment partagé.
Une limite à connaître : l'ADN brut d'un test de lignée, Y ou mitochondrial, a un autre format, et les bases de transfert n'acceptent que la partie autosomique.
Comment télécharger ses données brutes ADN chez Ancestry, MyHeritage ou 23andMe ?
Le téléchargement des données brutes passe toujours par les réglages du compte, jamais par la page des résultats. Le principe est le même chez chaque fournisseur : vous demandez l'export, vous confirmez votre identité par mot de passe ou code, puis un lien arrive par e-mail. Chez AncestryDNA, la fiche d'aide « Downloading DNA Data » décrit le parcours en huit étapes, résumées ici.
- Ouvrez les réglages ADN (DNA Settings) et choisissez le test concerné.
- Descendez jusqu'à la zone « Download or Delete » et cliquez sur le téléchargement.
- Cochez la case d'avertissement, puis validez par votre mot de passe ou par un code reçu dans votre boîte de réception.
- Attendez le message d'Ancestry : il peut mettre jusqu'à 24 heures à arriver.
- Cliquez sur le lien du message. Il ne fonctionne qu'une fois et expire au bout d'une semaine.
- Récupérez l'archive dna-data-(date).zip dans votre dossier Téléchargements.
Chez MyHeritage, l'export se trouve dans le menu « Gérer les kits ADN », derrière les trois points à côté du kit. Chez 23andMe, dans la section de consultation des données de génotypage. Chez FamilyTreeDNA, dans « Résultats et outils » puis « ADN autosomique ». Renommez l'export dès réception avec le nom du laboratoire et la date, car plusieurs sociétés donnent le même nom à tous leurs fichiers.
Où transférer son fichier ADN en 2026 : GEDmatch, FamilyTreeDNA, Living DNA ?
Trois bases acceptent encore un fichier venu d'ailleurs : GEDmatch, FamilyTreeDNA et Living DNA. Ancestry écrit sur sa page d'aide que les données d'autres sites ne peuvent pas y être déposées. MyHeritage, longtemps destination favorite, indique désormais dans son centre d'aide que le dépôt de données extérieures n'est plus pris en charge. Le tableau résume ce que chaque base annonce sur ses propres pages, relevées le 19 octobre 2026.
| Base | Transfert accepté depuis | Refusé ou précisions |
|---|---|---|
| GEDmatch | Toutes les grandes sociétés de test | Ne vend aucun test ; les données brutes sont effacées après encodage |
| FamilyTreeDNA | AncestryDNA V1 et V2 (mai 2012 à septembre 2025), 23andMe V3 à V5 (depuis décembre 2010), MyHeritage (mars 2019 à octobre 2025) | Résultats Ancestry depuis octobre 2025, 24Genetics, Nebula, génome entier, export modifié |
| Living DNA | AncestryDNA, 23andMe, MyHeritage, FamilyTreeDNA (Family Finder), Gene by Gene, Geno 2.0 | Autosomique seulement, Build 37, extensions .txt .csv .zip .gz |
| MyHeritage | Plus aucun dépôt (page d'aide) | Les transferts faits avant la fermeture restent actifs |
| AncestryDNA, 23andMe | Aucun | Il faut avoir été testé par la société |
Un détail compte chez FamilyTreeDNA : si la personne a déjà fait le test Family Finder, aucune donnée d'une autre société ne peut être ajoutée à son compte. La base britannique, de son côté, demande une copie fraîche, jamais ouverte ni modifiée, sinon des problèmes de lecture bloquent le traitement.
Pourquoi transférer ses données génétiques vers une seconde base ?
Transférer ses données génétiques sert d'abord à élargir sa liste de cousins sans nouveau prélèvement. Chaque société ne compare votre génotype qu'aux personnes présentes dans sa propre base. Un cousin issu de germains testé chez FamilyTreeDNA restera invisible si vous n'êtes que chez Ancestry. La méthode pour exploiter ces nouveaux matchs est détaillée dans retrouver des cousins à partir de vos correspondances.
GEDmatch ajoute une dizaine d'applications absentes des laboratoires. La comparaison « one-to-many » confronte votre kit à toute la base, toutes sociétés confondues. La comparaison « one-to-one » mesure l'ADN partagé avec une personne précise avant de la contacter. FamilyTreeDNA, enfin, calcule un haplogroupe Y à partir d'un export Ancestry ou 23andMe, quand les marqueurs nécessaires y figurent, ce qui n'est pas le cas de toutes les puces. Ce que cette lettre signifie est expliqué dans comprendre son haplogroupe.
Les données brutes ADN peuvent-elles renseigner sur la santé ?
Oui, des services comme Promethease lisent l'export et listent les variantes associées dans la littérature à des maladies, à des traits ou au bien-être. Mais la réponse n'est jamais un diagnostic. La puce est conçue pour la généalogie : chaque marqueur n'a pas subi le contrôle de qualité d'un examen médical, et une lecture erronée sur une seule position suffit à produire une fausse alerte. La CNIL rappelle dans son avis du 6 mars 2024 que ces interprétations peuvent annoncer une prédisposition sans accompagnement. Si une ligne vous inquiète, montrez-la à un médecin généticien plutôt qu'à un forum.
Quels sont les risques quand on partage son fichier ADN ?
Partager son fichier ADN expose la donnée la plus sensible qui existe, et pas seulement la vôtre. La CNIL souligne que les gènes sont communs aux ascendants, descendants et proches : votre export parle aussi de vos parents, de vos frères et de vos enfants, qui n'ont rien signé. Trois risques concrets méritent un choix réfléchi.
L'usage policier. GEDmatch, exploité par Verogen, filiale de Qiagen, a servi en 2018 à identifier le « Golden State Killer » aux États-Unis. Depuis mai 2019, sa page confidentialité et sécurité propose quatre réglages. « Public opt-in » : votre kit est comparé aux kits déposés par la police pour des crimes violents. « Public opt-out » : comparé aux kits civils et aux restes humains non identifiés, mais pas aux scènes de crime. « Personal research » : vous consultez vos matchs sans apparaître dans leurs listes. « Private » : aucune comparaison. Les enquêteurs passent par un portail séparé, GEDmatch PRO, réservé aux crimes violents et à l'identification de corps. Le réglage se choisit au dépôt et se modifie ensuite depuis le compte.
La fuite ou le piratage. Un export en clair sur un ordinateur portable ou un cloud partagé peut être copié sans que vous le sachiez. La base explique qu'elle encode les données et supprime l'original après traitement, et propose un alias et une adresse de messagerie anonyme. Ce que vos cousins voient de vous sur chaque plateforme est détaillé dans régler la visibilité de vos correspondances.
La suppression. Chaque base doit permettre d'effacer un kit. Chez Ancestry, la zone « Download or Delete » des réglages gère les deux opérations ; la destruction de l'échantillon de salive est une demande distincte. Sur la base de comparaison, le kit se supprime depuis la page d'accueil du compte. Téléchargez votre copie avant d'effacer : une fois le kit supprimé, les matchs et les données disparaissent ensemble.
Comment conserver son fichier de données brutes sur le long terme ?
Conservez le fichier de données brutes comme un document d'identité : deux copies, hors ligne, jamais modifiées. Les sociétés changent de puce, ferment un service ou refusent les anciens formats. Geneanet a arrêté sa section ADN fin 2023 et la plus grande base européenne a cessé les dépôts en 2025. Votre export est la seule chose qui reste quand une plateforme disparaît. Six règles simples suffisent.
- Gardez l'archive .zip ou .gz d'origine, sans la décompresser ni l'ouvrir dans un tableur : un enregistrement par Excel casse le format et fait échouer les transferts.
- Nommez chaque copie « laboratoire_version_date » : les bases de transfert ont besoin de savoir de quelle puce viennent les données.
- Stockez une copie sur une clé USB ou un disque externe et une autre dans un espace chiffré, protégé par mot de passe.
- Ne l'envoyez jamais en pièce jointe ni par messagerie, et ne le déposez jamais sur un forum, même pour demander de l'aide.
- Relisez chaque année les conditions des bases où il se trouve : les règles d'accès pour la police et la durée de conservation évoluent.
Si vous gérez les exports de vos parents, appliquez les mêmes règles et notez qui a donné son accord. Pour replacer ce travail dans l'ensemble de la démarche, du premier résultat jusqu'à l'arbre, consultez les bases de la généalogie génétique.