Arbre généalogique ADN : du test ADN généalogique aux ancêtres nommés

Un arbre généalogique ADN relie les cousins de votre liste de résultats à des ancêtres nommés, prouvés par des actes. Le test seul n'inscrit aucun nom : il désigne des vivants qui partagent des segments avec vous, et l'arbre papier leur donne une place. La méthode tient en trois temps : un arbre de départ sur quatre générations, des cousins triés par branche, un couple d'aïeux confirmé dans les registres. Émile Zola avait dessiné l'arbre des Rougon-Macquart avant d'écrire le premier roman, comme le montre son manuscrit annoté conservé à la BnF.

Arbre généalogique dessiné à la main par Émile Zola pour les Rougon-Macquart, annoté à l'encre
Émile Zola, arbre généalogique des Rougon-Macquart, domaine public, via Wikimedia Commons

Comment construire son arbre à partir des résultats d'un test ADN ?

Construire son arbre à partir des résultats d'un test ADN se fait en quatre étapes : poser l'arbre connu, grouper les cousins par branche, chercher le couple d'aïeux partagé avec chaque groupe, puis vérifier ce couple dans un acte.

  1. Posez l'arbre papier. Saisissez vos deux parents, vos quatre grands-parents et vos huit arrière-grands-parents, avec lieux et dates : 14 personnes.
  2. Groupez les cousins. Ceux qui partagent les mêmes matchs en commun descendent en général de la même branche. Le tri par quantité d'ADN partagé est expliqué dans lire ses centimorgans sans se tromper.
  3. Cherchez l'ancêtre commun. Comparez votre arbre à celui du cousin : même nom de famille, même village, mêmes dates. Le couple présent dans les deux est votre hypothèse. Les pièges des faux positifs sont décrits dans retrouver des cousins grâce à l'ADN.
  4. Prouvez par l'acte. Un acte de naissance ou de mariage transforme l'hypothèse en fait ; tant qu'il manque, notez la branche « probable ».

Le parcours complet est décrit sur la page généalogie génétique.

Combien de générations un test ADN autosomique couvre-t-il ?

Un test ADN autosomique est fiable sur cinq à six générations, soit jusqu'aux cousins au 3e ou 4e degré. Au-delà, le segment hérité d'un aïeul donné devient trop court pour être détecté. Certains de vos ancêtres généalogiques ne sont alors plus vos ancêtres génétiques, d'après la page de l'ISOGG consacrée aux statistiques autosomiques, qui reprend aussi les chiffres de FamilyTreeDNA ci-dessous.

Degré de cousinage Couple d'aïeux commun Lien détecté
Cousins germains Grands-parents Toujours
Cousins issus de germains (2e degré) Arrière-grands-parents Toujours
3e degré Arrière-arrière-grands-parents 90 %
4e degré Cinq rangs au-dessus 50 %
5e degré Six rangs au-dessus 15 à 32 %

Concentrez donc vos recherches sur les cousins du 2e au 4e degré : ils pointent vers des aïeux nés entre 1800 et 1900, une époque bien couverte par l'état civil.

Qu'est-ce que la méthode de Leeds pour trier ses correspondances ADN ?

La méthode de Leeds trie vos correspondances ADN par couleurs, un groupe par ligne de grand-parent, à l'aide d'un simple tableur. Dana Leeds l'a mise au point en 2018 pour un homme qui cherchait ses parents biologiques. Elle la décrit sur sa page consacrée à la méthode de Leeds. Le mode d'emploi, publié le 23 août 2018 :

  • Listez les cousins qui partagent avec vous entre 90 et 400 cM. Les plus proches, qui ont deux grands-parents en commun avec vous, brouilleraient le tri.
  • Donnez une couleur au premier de la liste. Ouvrez ses matchs en commun et attribuez-leur la même couleur, dans la même colonne.
  • Prenez la première personne sans couleur, donnez-lui une nouvelle couleur dans une nouvelle colonne, et recommencez jusqu'à ce que chacun ait au moins une couleur.

Quatre colonnes sans chevauchement correspondent à vos quatre lignes de grands-parents. Un cousin coloré deux fois signale que deux branches se rejoignent, fréquent dans les villages où l'on se mariait entre voisins.

À quoi sert un arbre miroir quand le kit ne donne que des inconnus ?

Un arbre miroir est l'arbre d'un cousin génétique, reconstruit par vous puis étendu vers le bas jusqu'à la génération où vous pourriez vous insérer. C'est la méthode des personnes adoptées ou nées d'un don, à qui le kit a livré une liste d'inconnus et aucun arbre papier.

Choisissez un cousin au 2e ou 3e degré qui affiche un arbre public. Reconstruisez ses aïeux jusqu'au couple qui, d'après le total de cM, devrait aussi être le vôtre. Redescendez ensuite chaque enfant de ce couple jusqu'aux descendants nés à l'époque de vos parents biologiques. Quand deux cousins de groupes différents mènent au même couple, le nœud est trouvé. Les précautions avant tout contact sont dans retrouver ses parents biologiques grâce à l'ADN.

Estimation d'ascendance par régions, haplogroupes : que mettre dans l'arbre ?

Rien de direct : l'estimation d'ascendance par régions et les haplogroupes ne nomment aucun ancêtre et ne remplissent aucune case de l'arbre. Les pourcentages d'origines ethniques mesurent une ressemblance avec des populations de référence, et deux sociétés d'analyse donnent des chiffres différents sur le même échantillon buccal. Leur interprétation ne prouve ni une appartenance ni une filiation : rien de commun avec un test de paternité.

Les haplogroupes servent autrement : celui du chromosome Y suit la lignée paternelle, celui de l'ADN mitochondrial la lignée de la mère, par des mutations accumulées sur des milliers d'années. Si plusieurs cousins portent votre nom, seul le chromosome Y de la lignée paternelle confirme qu'ils descendent du même homme, car l'ADN autosomique, reçu des deux parents, ne suit pas un patronyme. Une femme fait faire ce test génétique à un frère ou à son père.

Quels outils gratuits relient votre arbre aux données des laboratoires ?

Deux services gratuits suffisent : Geneanet, qui accepte les fichiers GEDCOM, et FamilySearch, qui héberge un arbre collaboratif mondial. Le format GEDCOM fait le pont entre eux et avec la base de données de votre laboratoire, dans tous les pays.

Outil Ce qu'il offre Point à connaître
Geneanet Dépôt d'un fichier .ged ou .gw, saisie à la main, contemporains masquables Fichier limité à 250 Mo (.zip au-delà) ; vous restez propriétaire de vos données
FamilySearch Arbre unique partagé par tous les membres, registres numérisés Organisme à but non lucratif ; d'autres contributeurs peuvent modifier votre branche
FamilySearch GEDCOM Format d'échange créé en 1984, version 7.0 publiée en mai 2021 La 7.0 lit les anciens fichiers 5.5, l'inverse n'est pas garanti

Le GEDCOM ne contient que des noms, des dates, des lieux et des liens de parenté, pas votre génome. Pour rencontrer des cousins qui ont testé chez une autre société, à l'étranger par exemple, c'est le fichier de marqueurs qu'il faut déplacer, comme l'explique télécharger et transférer ses données brutes. La majorité des services, MyHeritage compris, permettent ensuite de rattacher l'arbre au profil génétique : vos matchs voient vos noms de famille et vos lieux, et répondent davantage.

Où consulter l'état civil pour prouver une branche ?

L'état civil se consulte sur les sites web des archives départementales : naissances, mariages et décès depuis 1792, registres paroissiaux de baptêmes, mariages et sépultures avant. La plupart des départements les montrent numérisés, sans inscription. L'annuaire officiel des services d'archives est publié par FranceArchives, portail du ministère de la Culture.

Deux délais, fixés par le code du patrimoine et rappelés dans le tableau des délais de communicabilité de FranceArchives : un registre de naissance ou de mariage devient consultable 75 ans après sa clôture, les documents touchant à la vie privée après 50 ans. Pour un aïeul né vers 1880, tout est en ligne.

Lisez l'acte, pas la transcription d'un autre arbre, et notez la cote du registre dans la fiche. L'acte de mariage est le plus rentable : il nomme les époux, leurs parents, leurs âges et leurs communes de naissance.

Quelles erreurs font échouer un arbre généalogique ADN ?

Trois erreurs reviennent dans les arbres qui ne tiennent pas : la branche copiée sans preuve, l'homonyme pris pour le bon aïeul, le décalage de rangs.

  • La branche copiée. Un arbre public n'est pas une source : vingt arbres qui donnent le même couple sans acte peuvent être vingt copies de la même erreur. La fiabilité de la procédure repose sur les actes.
  • L'homonyme. Dans un village du XIXe siècle, deux Jean Martin peuvent naître la même année. Croisez les prénoms des parents, le métier et le domicile avant d'attribuer un acte.
  • Le décalage de rangs. Un cousin au 3e degré peut se trouver un rang plus haut ou plus bas que vous si une branche a eu ses enfants tard. Comptez les rangs jusqu'au couple commun de chaque côté.

Avant de publier l'arbre en ligne, décidez ce que vos matchs pourront en voir, grâce aux réglages décrits dans régler la confidentialité de ses correspondances.

Par où continuer ?

Posez les quatorze personnes de votre arbre papier, appliquez la méthode de Leeds à vos cousins entre 90 et 400 cM, puis cherchez l'acte de mariage de chaque couple désigné aux archives départementales. Un cousin placé sous un couple prouvé vaut plus qu'une centaine de noms non vérifiés.