Généalogie génétique : lire son test ADN, retrouver ses cousins, compléter son arbre
La généalogie génétique compare votre génome à celui d'autres personnes pour retrouver des parents et vérifier un arbre. Elle prend le relais des actes d'état civil là où le papier s'arrête : enfant trouvé, branche perdue, nom de famille douteux. Elle s'adresse à toute personne qui a reçu ses résultats et veut en tirer plus qu'une carte de pourcentages. Ce site explique comment lire une liste de correspondances, suivre une lignée par le chromosome Y ou les mitochondries, et transformer des cousins inconnus en ancêtres nommés.

Quels tests ADN sont utilisés pour la généalogie génétique ?
Trois tests servent en généalogie génétique : l'autosomique, le chromosome Y et l'ADN mitochondrial. Le premier couvre toutes vos branches sur cinq à six générations. Les deux autres ne suivent qu'une seule ligne d'ancêtres, mais sur des milliers d'années. Ils ne répondent pas aux mêmes questions, et beaucoup de chercheurs finissent par combiner les trois.
| Type de test | Qui peut le faire | Ce qui est lu | Ce que vous en tirez |
|---|---|---|---|
| Autosomique | Tout le monde | Les 22 paires de chromosomes hérités des deux parents | Liste de cousins jusqu'au 3e ou 4e degré, estimation d'ascendance par zone |
| Chromosome Y | Les hommes | 12 à 111 marqueurs STR, ou des SNP, ou la séquence entière | La lignée père en père, le nom de famille, un haplogroupe |
| Mitochondrial | Tout le monde | Les 16 569 bases du génome mitochondrial | La lignée maternelle directe, un haplogroupe |
Le test autosomique est celui que vendent toutes les sociétés grand public. Son analyse porte sur les chromosomes non sexuels, reçus pour moitié de chaque parent. Son rendement baisse vite avec la distance : selon la synthèse de l'ISOGG sur les statistiques autosomiques, au-delà de cinq ou six générations, certains de vos ancêtres ne vous ont transmis aucun segment détectable. Sur 450 ans, vous comptez plus de 32 000 ancêtres sur le papier, mais vous portez le génome d'environ 1 000 d'entre eux seulement.
Le chromosome Y passe de père en fils presque sans changement. La page de l'ISOGG sur les tests du chromosome Y décrit trois niveaux : les marqueurs STR (12, 25, 37, 67 ou 111), les SNP qui définissent les haplogroupes, et le séquençage complet. Une femme qui veut sa lignée paternelle fait tester son père, un frère ou un oncle paternel. Le mode d'emploi est dans suivre sa lignée paternelle avec le chromosome Y.
Les mitochondries se transmettent par la mère à tous ses enfants, filles comme garçons. D'après l'ISOGG sur les tests mitochondriaux, la norme actuelle en généalogie est la séquence complète des 16 569 bases ; les anciens tests HVR1 ou HVR1 + HVR2 ne lisaient qu'une partie. Les détails sont dans remonter sa lignée maternelle par l'ADN mitochondrial. Les lettres et chiffres que renvoient ces deux tests (R1b, H1, J2…) sont décodés dans ce que révèle votre haplogroupe.
Comment passer d'un test ADN à des ancêtres identifiés dans votre arbre ?
Passer d'un test ADN à des ancêtres identifiés dans votre arbre demande quatre étapes : lire les centimorgans, trier les correspondances, contacter les bons cousins, puis relier chaque cousin à une branche de l'arbre. Chaque étape a sa page sur ce site. Voici la logique d'ensemble.
1. Lire les centimorgans
Chaque correspondance affiche une quantité de génome partagé, exprimée en centimorgans (cM). Plus le chiffre est haut, plus le lien est proche. L'ISOGG retient 3 400 cM entre un parent et son enfant et 850 cM en moyenne entre cousins germains. Le projet Shared cM, consultable sur l'outil de DNA Painter, donne les fourchettes réelles observées : de 396 à 1 397 cM pour des cousins germains, de 41 à 592 cM pour des cousins issus de germains, de 0 à 234 cM au 3e degré. Ces plages se chevauchent : un même total peut correspondre à plusieurs parentés. La méthode de lecture complète est dans interpréter ses centimorgans.
2. Trier la liste de correspondances
Une liste compte souvent des milliers de noms. Les 20 ou 30 premiers suffisent au départ. Les correspondances partagées, le nom de famille, le lieu de naissance des arrière-grands-parents et la présence d'un arbre public sont les quatre critères de tri. Au 3e degré, environ 10 % des cousins réels n'apparaissent pas ; au 4e degré, la moitié manquent, toujours selon l'ISOGG. L'absence d'une personne dans votre liste ne prouve donc rien.
3. Contacter les cousins utiles
Un message court, qui cite le total de cM partagés et les noms de famille déjà connus, obtient plus de réponses qu'une demande vague. Le vocabulaire des degrés de parenté, les erreurs classiques et des modèles de messages sont réunis dans retrouver et contacter des cousins par l'ADN.
4. Relier chaque cousin à une branche
Le but final est de placer le cousin et vous sous un couple d'ancêtres communs. Un fichier GEDCOM permet de déplacer votre arbre d'un service à l'autre ; Geneanet, par exemple, propose un import GEDCOM sur sa page de création d'arbre. La méthode de Leeds, les arbres miroirs et la triangulation sont expliqués dans construire son arbre généalogique à partir d'un résultat ADN.
Quelle différence entre un test de généalogie génétique et la généalogie traditionnelle ?
La méthode traditionnelle s'appuie sur des documents : actes, recensements, registres paroissiaux. Un test de généalogie génétique s'appuie sur des segments partagés entre vivants. La première nomme les personnes mais peut se tromper sur la filiation biologique. La seconde confirme un lien de sang mais ne donne ni nom ni date. Seul le croisement des deux produit un arbre fiable.
À quoi sert le fichier de données brutes ?
Le fichier de données brutes contient la liste des marqueurs lus par le laboratoire. En cas de désaccord entre deux sociétés sur une correspondance, c'est aussi votre seul recours pour refaire l'analyse ailleurs. Il vous appartient et se télécharge depuis votre compte. Son intérêt : le transférer dans d'autres bases de données pour rencontrer des cousins qui ont testé ailleurs. GEDmatch accepte les fichiers de toutes les grandes sociétés de test et annonce plus d'un million de profils ; son outil One-to-Many compare votre fichier à l'ensemble du site, l'outil One-to-One vérifie un lien précis avant tout contact. L'ISOGG signale aussi que les clients d'AncestryDNA, qui ne voient pas les segments par chromosome, passent par GEDmatch pour les obtenir. Formats, étapes de transfert et précautions sont détaillés dans télécharger et transférer ses données brutes.
Ce qu'un test génétique ne vous dira pas, et le cadre français
Un test génétique seul ne nomme aucun ancêtre, ne date aucun événement et ne remplace aucun acte. Quatre limites reviennent dans toutes les recherches.
- Les pourcentages d'ascendance sont une estimation. Ils changent d'une société à l'autre et d'une mise à jour à l'autre, sans nouveau prélèvement.
- Les lignées Y et mitochondriale ne couvrent que deux ancêtres par génération sur les milliers que vous avez. Un haplogroupe renseigne sur une migration ancienne, pas sur un village.
- Un cousin absent n'est pas un cousin inexistant. Il n'a peut-être pas testé, ou le hasard de la recombinaison n'a laissé aucun segment commun.
- Le résultat concerne aussi votre famille. La CNIL rappelait le 6 mars 2024 que les données génétiques révèlent des informations sur les ascendants, descendants et proches, qui n'ont rien demandé, et qu'elles peuvent faire remonter un secret : adoption, naissance par don de gamètes, filiation.
Côté vie privée, vous décidez de ce que vos correspondances voient de vous : nom, arbre, segments, et vous pouvez vous retirer de la mise en relation. Les réglages et le cas des bases ouvertes aux enquêtes judiciaires sont dans confidentialité de vos correspondances. Pour les personnes adoptées ou nées d'un don, la recherche suit une méthode précise et demande un entretien préalable avec soi-même, parfois avec un professionnel : lisez retrouver ses parents biologiques grâce à l'ADN. La législation française interdit l'examen génétique hors cadre médical ou judiciaire : voyez ce que dit la loi française.
Par où commencer ?
Par où commencer dépend de ce que vous avez déjà en main. Vous n'avez pas encore de résultat : le déroulé du prélèvement et de l'activation est décrit dans comment faire un test ADN. Vous avez un résultat autosomique : ouvrez votre liste de correspondances et commencez par interpréter ses centimorgans, puis passez aux cousins. Vous cherchez un nom de famille ou une lignée maternelle : les pages sur le chromosome Y et l'ADN mitochondrial vous diront si un second test a du sens. Vous êtes adopté : commencez par la page dédiée, puis par le transfert de votre fichier brut vers une seconde base de données, car c'est là que se trouvent le plus souvent les cousins proches manquants.